Le Premier ministre français Sébastien Lecornu a demandé aux quatre principaux fournisseurs d'accès à Internet du pays de se tenir prêts à bloquer temporairement l'accès à TikTok, Instagram, Snapchat et X, selon un reportage exclusif publié par le média Blast. La demande a été envoyée deux jours avant une manifestation prévue le 24 octobre, précise le reportage.
Blast affirme avoir obtenu la lettre et le compte rendu de la réunion qui a suivi, au cours de laquelle des représentants d'Orange, de SFR, de Free et de Bouygues Telecom auraient exprimé des doutes sur cette mesure. Le blocage devait être effectué via le DNS, le système qui traduit le nom d'un site en adresse de serveur.
Ni le gouvernement français ni les quatre opérateurs n'ont confirmé publiquement les documents cités par Blast. L'affaire est rapportée sur la base de l'enquête de ce média, alors que la Tunisie et d'autres pays observent la vague de régulation des plateformes menée par l'Union européenne.
Ce que dit le reportage de Blast sur les blocages DNS
Selon Blast, le plan consistait à demander aux opérateurs de se tenir prêts à couper l'accès à quatre grandes plateformes sociales : TikTok, Instagram, Snapchat et X. La demande a été formulée peu avant la manifestation du 24 octobre, ajoute le média.
Le reportage indique que les opérateurs ont exprimé des réserves lors de la réunion de suivi. Un blocage DNS est techniquement simple à activer mais facile à contourner, et il peut toucher des millions d'utilisateurs qui ne participent à aucune manifestation.
Blast rappelle aussi que le gouvernement français a eu recours à une mesure similaire en Nouvelle-Calédonie en 2024, et que le Conseil d'État, plus haute juridiction administrative française, l'a ensuite rejetée. Le média qualifie l'approche DNS d'atteinte aux libertés, une caractérisation à laquelle le gouvernement n'a pas répondu publiquement.
- Plateformes citées dans le reportage de Blast : TikTok, Instagram, Snapchat et X



